Visite ministérielle!!!


Le ministre Patrick KANNER pendant un cours de roller. © Lifetime Photographie - Guillaume BRET 2016.

Bonjour à tous!! Aujourd'hui je vous rapporte quelques clichés de la visite de notre ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Mr Patrick KANNER.

En Guyane pour plus ou moins 24h, le ministre a eu droit, entre autre, à une visite du skatepark municipal de Mirza, encadré par toute l'équipe du comité régional Roller Skate de Guyane.

On se prépare avant l'entrainement... Devant le ministre... © Lifetime Photographie - Guillaume BRET 2016.

Loin de moi l'idée de promouvoir la politique d'untel ou d'untel, mais j'apprécie lorsqu'on s’intéresse au sports de glisse en général, et surtout au niveau des pouvoirs publics. Pendant longtemps, ces sports tels que le skate, le roller ou encore le BMX n'ont jamais vraiment intéressé personne au niveau médiatique ou politique. Pourtant, le nombre de pratiquants augmente d'année en année, une industrie s'est créée et développée depuis les années 70 autours du milieu (pour le skate,depuis les USA), créant une véritable économie de marché, faite par et pour les adeptes.

Arrivée du ministre au skatepark municipal de Mirza © Lifetime Photographie - Guillaume BRET 2016.

Je me rappelle mes débuts en roller, il y a plus de 20 ans maintenant (pfffff...) et les courriers des lecteurs dans la presse spécialisée : "On a créé une asso, mais le maire ne veut rien entendre! Il interdit le skate sur la place public mais ne nous propose aucun espace de pratique, etc...etc...". Je me rappelle cette période qui remonte au début des années 90 pendant laquelle le skate et le roller inline débarquent concrètement en Europe et que les villes dotées d'un skatepark digne de ce nom se comptaient sur les doigts de la main. Je me rappelle de ces skateparks construits à la va-vite par certaines municipalités sans se soucier de l'avis des riders, de la qualité des installations mises en place et de l'argent gaspillé par la même occasion, poussant la encore certaines municipalités à détruire ou ne pas renouveler les structures. Je me rappelle de ces mamies qui nous engueulaient lorsqu'on "abimait les bancs de la ville". Mais je me souviens qu'on aimait ça et qu'on s'en foutait.

Le ministre Patrick KANNER et Guillaume ROBERRINI, responsable du comité Roller Skate de Guyane, © Lifetime Photographie - Guillaume BRET 2016

Petit à petit, ces sports nous ont offerts leurs lots de grandes figures, des Tony Hawk, Dave Mirra ou encore Taïg Kriss (Cocorico!!! un français!!!). Petit à petit, l'esprit "skate" ou "street" ou "ride" s'est imposée comme une culture à part entière avec ses codes, ses valeurs, sa respectabilité. On crée des connexions avec la peinture et le graff, la musique, qu'elle soit punk ou hiphop, la photographie, la vidéo... Le mot d'ordre est la liberté. Chaque "trick", chaque figure est une interprétation d'un espace par un passionné, dans la rue ou sur un skatepark. Le même "spot" (lieu de pratique) pourrait être skaté des centaines de fois par des centaines de personnes différentes qu'à chaque fois ces prouesses seraient différentes.

Entre les jeunes, en France et dans le monde, c'est la même chose. La pratique de ces sports certes individuelle n'est rien sans l'effet de groupe qu'ils créent. On se pousse les uns les autres à se surpasser, gagner en aisance, en style, en hauteur, en technicité... On apprend à repousser ces limites, et la plupart du temps sans l'aide des adultes... Dans quel autre milieu peut on voir une jeunesse apprendre par elle même la persévérance, l'effort ou le dépassement de soi, toute seule???

Au plus haut niveau de l'inspection ministérielle du matériel... © Lifetime Photographie - Guillaume BRET 2016

Tout le monde a bien compris ceci aujourd'hui. Pouvoirs publics, riders, mais aussi les grandes marques, telles la célèbre virgule ou encore les fameuses trois bandes... Chacun y trouve un intérêt. Avec parfois quelques effets pervers...

Niveau politique, la tendance actuelle est de mêler skatepark et espaces publics/verts, mettant à disposition des habitants un endroit ou l'on peut venir faire son footing, partager un picnic en famille avec ses rejetons partagés entre le skatepark et le jardin d'enfants, sans trop de coûts de fonctionnement... Ca met la pratique à la portée de tous, mais peut être un peu trop facilement. Par exemple, certains parents ne comprennent pas qu'un skatepark n'est pas le meilleur endroit pour apprendre à rouler. Pour apprendre à rider, oui mais pas pour apprendre à rouler, tenir debout, tourner, freiner... Nous n'apprenons pas à conduire sur un circuit de F1 pendant une course... Bref...

De gauche à droite, face à la fresque réalisée au skatepark en aout cette année : David REDON (DAC Guyane), Véronique BELLONY (vice-présidente du Comité régional roller), le ministre Patrick KANNER et Marie-Laure PHINERA-HORTH (Maire de Cayenne). © Lifetime Photographie - Guillaume BRET 2016

Les skaters ont de plus en plus d’installations de qualité, la force associative ayant fini par payer. il est devenu agréable de pouvoir dire à quelqu'un que l'on skate, que l'on fait du roller sans que l'on nous prenne pour un fou-taré-casse cou-bad boy-mauvais genre. La glisse s'est démocratisé, c'est indéniable. Peut être à un point ou certains regrettent le coté "underground" des débuts. Cette même période ou l'on se plaignait que rien n'avançait... Aujourd'hui, le skate est annoncé officiellement aux Jeux Olympiques de 2020 au Japon.

Les enfants remettent un cadeau au ministre Patrick KANNER. © Lifetime Photographie - Guillaume BRET 2016.

Les grandes marques de sport qui ont tant peiné à pénétrer le marché ont finalement réussi à prendre une (bonne) part du gâteau. Le sponsoring va bon train, il n'est plus rare de voir des millionnaires parmi l'élite du skateboard mondial... Les évènements sont internationaux, les chaines de télévision s'y intéressent, certaines s'en font même une spécialité. Mais beaucoup de marques originelles, celles créées par ces riders qui face au besoin de sponsors et de matériel ont décidé de créer leurs propres affaires, celles qui ont permis l’essor des disciplines, celles qui ont créées le marché disparaissent peu à peu, écrasées par les géants généralistes... Amenant l'argent dans un milieu qui a émergé de rien...

Après sa démonstration en roller, Thomas PEPIN (athlète et salarié du Mirza Roller Club) s'entretient avec le ministre des Sports Patrick KANNER. © Lifetime Photographie - Guillaume BRET 2016

Alors oui, je suis content lorsqu'un ministre vient visiter un skatepark et qu'il a l'air d'apprécier ce qu'il voit. Je suis content de voir que la vision du skater ado boutonneux en plein crise est aujourd'hui un peu dépassée. Je suis content de voir ces disciplines que j'adore présentes lors de grands rassemblements mondiaux. Mais j'espère que malgré tout ça on n'oubliera pas l'essentiel : le plus important dans le skate, le roller ou le BMX... Et bien, c'est le skate, le roller ou le BMX... Et puis c'est tout.

Merci!!

G.


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