Wynwood District, Miami, Florida.


© Guillaume BRET

Les Etats Unis d'Amérique...

Ce géant qui sauve le monde, en "vrai" quelques fois et 15 fois par an au cinéma, cette puissance économique qui va influencer la planète entière, ses fameuses séries télé qui attiraient déja nos parents vers le canapé le dimanche bien avant l'heure du streaming, sa variété musicale mondialement écoutée, et parfois le berceau de nouvelles tendances qui marqueront notre monde, nos esprits, souvent de manière indélébile.

Que penser de tout ça...? Aujourd'hui, l'actualité nous montre tout et son contraire. On nous parle du rêve américain, du pays de la liberté en pronant l'intégration par le travail. On nous parle d'un pays ou tout est possible, ou l'on trouve tout ce qu'on pourrait vouloir, à n'importe quelle heure... Société habituée à un service accru, on optimise, on accélère, on éxige... On met cette réussite sur un pied d'estale en ne parlant que de ceux qui atteignent des sommets à la sueur de leurs fronts, on parle d'ascensions fulgurantes, de gens partis de rien finissant multimillionnaires, on a des exemples dans tous les domaines, du sport à la musique, en passant par les business men et les physiciens...

Pourtant, les exemples de disfonctionnements ne manquent pas, on les ramasserait même à la pelle pourrait on dire... Certes le taux de chomage est faible, en pourcentage, mais lorsque vous êtes un pays peuplé selon Google de 318,9 millions d'habitants en 2014, même 5-6% ca fait un paquet de monde...

Expansion économique, augmentation des richesses et des inégalités, le système sort peu à peu les individus les plus "faibles", et la politique sociale la bas n'a rien à envié à la notre, pourtant tellement remise en question chez nous... Viré du jour au lendemain, emplois délocalisés, ce sont parfois des quartiers voire des villes entières qui sombrent, s'éteignent, disparaissent... Leurs habitants avec, bien sur... Philadelphie, la tristement célèbre ville de Flint d'ou est originaire le réalisateur Mickael Moore, Wynwood District à Miami... Pour tous ces endroits le même shéma, industrialisation massive, prosperité, déclin, fuites, parfois "faillites" des entreprises phares de la region, appauvrissement de la population, augmentation de la criminalité, du traffic de drogues, ghettoïsation...

J'ai découvert le quartier de Wynwood à Miami grâce à une personne que j'ai rencontré, Eunique, avec qui j'ai passé un peu de temps lors de mon passage la bas. C'est elle qui m'y emmène en me disant "Tu verras, tu vas aimer!". Je n'avais pas vraiment vu d'infos sur ce coin, les guides touristiques mettent plus en avant les musées de Miami Beach que les quartiers en friche, et quand tu ne connais pas...

Ce quartier de Miami historiquement situé entre la 20e et la 36e rue a été fondé par deux hommes, Josiah Chaille et Hugh Anderson en 1917. Une population dite de classe moyenne s'y installe, ainsi que l'industrie, qui y prospère avant de s'écrouler à la fin des années 70. Les rues deviennent dangeureuses la nuit, ceux qui le peuvent encore déménagent, les traffics s'installent au milieu de cette population d'oubliés du système.

Pourtant, c'est bien la que je vais découvrir quelque chose d'exceptionel, un paradis pour les graffeurs, les street-artists. Des peintures partout... Sur tous les murs, sur le sol... Des galeries d'arts se vantant d'être internationales... Le décor est surprenant, pas très rassurant de prime abord, mais après une bonne demi heure, je suis surpris... Hommes et femmes en costumes ou tailleurs, quelques touristes armés d'appareils photos, voitures de police tous les deux blocs... Ici, chaque mur peut être peint, sans se soucier d'être arrété pour vandalisme, et le monde entier vient laisser sa trace ici... Une renaissance du quartier que l'on doit à l'impulsion de Tony Goldman qui rachète le district en 2006 et ouvre l'espace à la création artistique dans un Miami qui s'impose comme une "plaque tournante" mondiale de l'art, de la mode ou encore la musique. La galerie Wynwood Walls ouvre en 2009 et regroupe aujourd'hui, à ciel ouvert et en libre accès, des oeuvres de street-artists tels, qu'entre autre, la française Miss Van et le créateur du célèbre portrait "Hope" du président Obama, Shepard Fairey.

Wynwood devient peu à peu the place to be, représentant la nouvelle tendance graff, détronnant peut être au passage Philadelphie, célèbre pour ces quelques 3000 oeuvres qui recouvrent ses murs.

Aujourd'hui, Wynwood compte des centaines d'oeuvres murales, environ 70 galeries exposant des artistes reconnus du et dans le monde entier, d'innombrables ateliers d'artistes et 7 centres d'arts, tous installés dans ces anciens batiments industriels, détournés de leurs premiers usages pour créer une nouvelle dynamique à cette localité. La vie reprend, l'activité y redémarre. Bars et hotels poussent ici et la, stimulés par l'essort créé à coup de bombes de peinture... Ici, le vent a tourné, ce qui n'est pas le cas pour toutes ces villes et quartiers touchés par les ravages d'une économie trop vorace. Ici le vent a tourné parce qu'on a laissé une place (une chance?) à la culture, créé un espace de liberté, d'expression et de création, ouvert les portes de la reconnaissance à un art souvent décrié et illégal à certains endroits du globe. Ici le vent a tourné grâce à un concept nouveau, autant sur le plan créatif qu'économique.

A l'heure ou l'Europe réduit ses dépenses en terme de culture, que l'on assiste à la disparition subite d'évènements culturels pourtant bien encrés, à la fermetures de théatres ou de salles de concerts, le principe m'interpelle... C'est aussi ça, les Etats Unis d'Amérique...

#graffiti #streetlife #lifetimephotographie #streetart #miami #wynwood #2014 #GuillaumeBret

À l'Affiche
Posts Récents
Recherche pas Tags
Pas encore de mots-clés.
Nous Suivre
  • Facebook Classic
  • Facebook Clean

​© 2016 Lifetime Photographie. © 2016 Guillaume BRET.

SIRET : 820 836 468